Le lion et le hérisson

Découvrez le conte malien « Le lion et le hérisson » transmis de génération en génération par les conteurs.


Cette année-là une grande sécheresse sévissait au pays des animaux. Le lion, roi des animaux, décréta que personne ne viendrait lui demander à manger, que chacun se débrouillerait…

Cette année-là, au pays des animaux, il ne tomba pas une seule goutte de pluie. Et pour ne rien arranger, les criquets étaient venus dévorer le peu de végétation qui avait poussé. Le lion, leur roi, les convoqua dans son palais et leur tint ce discours :

« Chers sujets, comme vous le savez tous, il n’est pas tombé une seule goutte de pluie dans notre pays. Il n’y a pas de nourriture. Aussi, moi, votre roi, le roi de tous les animaux, je décrète :
Article 1 : Que personne ne vienne me demander à manger. Car je n’ai rien.
Article 2 : Que chacun se débrouille comme il peut.
Article 3 : Dispersez-vous ! »

Les animaux se dispersèrent, chacun allant de son côté. Mais avant, le cheval dit :
« Moi, je vais rejoindre les hommes au village. Ces petits êtres à deux pattes sont intelligents et ingénieux. En échange de mes services, ils me donneront à boire et à manger ».

Il gagna le village en galopant. Il devint ainsi un animal domestique. L’âne, le mouton, le dromadaire, bref, tous les animaux aujourd’hui domestiques dirent la même chose et rejoignirent les hommes au village. Mais l’hyène, après mûre réflexion, trouva que c’était vrai que ces petits êtres bizarres qui marchaient à deux pattes étaient intelligents et inventifs, mais qu’ils possédaient un bâton, long, très long, qui crachait du feu ! Elle, l’hyène, par prudence, allait attendre un peu et se débrouiller dans la brousse ! Le lion lui donna raison. La girafe et l’éléphant lui donnèrent raison. Même le petit hérisson trouva que l’hyène avait totalement raison. Parce que prudence est mère de sûreté ! Tous les animaux aujourd’hui encore sauvages donnèrent raison à l’hyène et préférèrent mourir de faim que rôtir au fond d’une casserole ! Ils s’enfoncèrent davantage dans la forêt.

 

Le petit hérisson, qui errait seul dans la brousse vit un arbre à samba, couvert de fruits mûrs et délicieux. Il monta sur l’arbre et commença à manger. Vint le lion qui le vit sur l’arbre. Le lion lui demanda de lui envoyer quelques fruits. C’était vrai que lui, le roi de tous les animaux, il avait imposé à chacun de se débrouiller tout seul. Mais cela faisait trois jours qu’il n’avait rien à se mettre sous la dent. Le hérisson lui envoya un premier fruit. Il le mangea. Hum ! C’était délicieux. Il envoya un deuxième fruit. Le lion le mangea. Mais le troisième fruit vint frapper le lion sur son museau royal !

« A moi ça ? A moi, petit hérisson, rugit le lion. Malheur à toi ! Grand grand malheur à toi si tu descends ! »

Le petit hérisson resta dans l’arbre. Il pleurait. Il se lamentait. Quelques temps après, arriva l’hyène. Elle vit le petit hérisson en train de pleurer abondamment. Elle eut pitié et dit :
« Petit hérisson, que t’est-il arrivé ? Ton arbre est plein de fruits. Il faut manger au lieu de pleurer ! »
En réponse le petit hérisson chanta :
« Tout à l’heure, le lion a dit que chacun devait se débrouiller comme il pouvait. Mais voici ce même lion qui vient me demander des fruits. Le fruit est tombé sur le museau, et il m’a dit : Malheur à toi. Grand grand malheur à toi petit hérisson ! »

L’hyène n’avait pas vu le lion. Quand elle le vit et que le lion la menaça de son regard furibond, elle s’enfuit en disant :
« Eh bien, malheur à toi ! Grand grand malheur à toi petit hérisson ! »

La grande girafe au long cou, la girafe elle aussi passait par là. Quand elle vit le petit hérisson en train de pleurer dans les branches de l’arbre à samba, elle eut pitié et lui en demanda la raison. Mais quand la raison lui fut expliquée et qu’elle eut vu le lion au pied de l’arbre, elle s’enfuit en criant « Eh bien, malheur à toi ! Grand grand malheur à toi petit hérisson ! »

Le buffle arriva et dit la même chose. Même le grand éléphant dit la même chose. Tout le monde dit la même chose. Tout le monde ? Non.

Le petit lièvre arriva sur son cheval, en fait, un grand coq qui galopait en chantant :
« La vérité, rien que la vérité et toujours la vérité ! »

Le petit lièvre vit le petit hérisson au sommet de l’arbre, qui pleurait, pleurait sans s’arrêter. Il lui demanda :
« Que t’arrive-t-il, petit hérisson ? ». Le petit hérisson lui chanta sa petite chanson :
« Tout à l’heure, le lion a dit que chacun devait se débrouiller comme il pouvait. Mais voici ce même lion qui vient me demander des fruits. Le fruit lui est tombé sur le museau, et il m’a dit : Malheur à toi ! Grand grand malheur à toi petit hérisson ! »
Le petit lièvre n’avait pas vu le lion au pied de l’arbre. Quand il le vit et que le lion le menaça de son regard, il lui cria :
« Va-t-en d’ici ! C’est toi même qui as dit que chacun devait se débrouiller comme il pouvait. Tu n’as pas le droit de venir menacer le petit hérisson ».
Le lion bondit pour attraper le petit lièvre. Mais celui-ci se sauva sur son cheval de coq vers le village. Le lion le poursuivit. Mais à l’entrée du village, il y avait, debout derrière un arbre, un homme qui tenait un long bâton. Quand le lion vit cet homme, il retourna dans la brousse. Le petit lièvre entra dans le village et devint le lapin.

Conteur : Ousmane Diarra

Source : https://www.conte-moi.net/contes/lion-et-herisson

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s